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Myriame El Yamani (auteure)

Photo : Josée Lambert
Myriame El Yamani est née en 1958 à Méknès (Maroc). Elle détient un doctorat en information et en communication (Université de Paris IV-Sorbonne). Myriame El Yamani est conteuse et écrivaine.

Myriame El Yamani fait partie de l’équipe fondatrice qui adémarré les Dimanches du conte au Sergent recruteur à Montréal en 1998. Elle a conté dans de nombreux festivals internationaux de contes au Canada et en France, ainsi que dans des soirées de contes, des bibliothèques dont la Grande Bibliothèque du Québec à Montréal, des salons du livre, des résidences d’artistes et des galeries d’art.

Elle a fait voyager ses contes d’Acadie et d’Arabie et autres contes du monde dans plus d’une centaine d’écoles en Alberta, en France, au Labrador, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec, en offrant des ateliers de la pré-maternelle au Cégep.

Femme de paroles, Myriame El Yamani puise son inspiration dans la mémoire des gens qu’elle côtoie, les senteurs salines de l’Acadie, les secrets de sa grand-mère vendéenne, les couleurs et arabesques du Maghreb et du Yémen, la sagesse africaine et les mystères de la Méditerranée.

Myriame El Yamani se considère comme une passeuse d’histoires et une communicatrice, où la parole est au centre de l’histoire à raconter. D’ailleurs ce sont souvent les histoires qui la choisissent et non l’inverse. Les contes sont pour elle la mémoire d’un peuple, d’un pays, et sans aucun doute de l’humanité. Ils sont une expérience de vie à partager avec les autres, dans la convivialité et le plaisir.

Extrait

Badra princesse du désert
Myriame El Yamani - Ill. : Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle - Éditions de l'Isatis - Coll. «Korrigan» - 2007 - 72 p. - 9,95 $ - ISBN : 978-2-923234-26-7

Myriame El Yamani a choisi:
Badra. La pleine lune. C’est ainsi qu’on la nommait, cette princesse aux pouvoirs magiques. Elle vivait dans le désert du Sahara et les Seigneurs lui avaient donné le don de se transformer comme elle le voulait afin de pouvoir vaincre tous les dangers de la vie dans ce monde rude, difficile, où le moindre faux-pas pouvait vous anéantir. Fille de la lune de la nuit et du soleil du jour, Badra pouvait se transformer en vent pour s’enrouler au cou de son amant et lui chuchoter des mots doux. Badra pouvait devenir la mer pour polir les galets et s’en faire des bijoux. Badra pouvait se métamorphoser en terre pour enterrer les morts qu’elle chérissait et qu’elle se refusait à oublier.
(…)
Badra s’adressa à lui:
- Soleil! Devant nous, la vie se dresse comme les montagnes. Derrière nous, la mort soulève la poussière. Change-moi, s’il te plaît, en désert, Et mon compagnon en dromadaire, Que, l’un pour l’autre, nous nous transformions!
L’espace d’un clignement de l’œil du temps, le prince se transforma en dromadaire et la princesse en désert. Quand la reine arriva près de l’animal, elle lui demanda:
- Dromadaire, n’as-tu pas vu un jeune homme accompagné d’une belle jeune fille? Ils étaient là, devant moi, et je cours derrière eux.
- Non, je n’ai vu personne. Je vis tout seul dans le désert.


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