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Étienne Poirier (auteur)

Étienne Poirier est né à Montréal en 1974 et a grandi à Laval avant d’étudier la littérature au cégep de Sainte-Thérèse et à l’Université du Québec à Montréal. Après ses études, il a touché à différents métiers, notamment dans le monde du livre et du théâtre. Il a d’ailleurs participé à l’écriture de deux pièces (l’une pour marionnettes et une autre pour adultes) en plus de produire les décors d’un opéra.

Dans son écriture, il s’intéresse à ce qu’il y a d’humain en chacun de nous. Il aime explorer les états limites et les situations critiques pour mettre en lumière la force qui naît de la détresse. Les animations qu’il propose sont la mise en scène, sous la forme d’un conte, des rencontres et des histoires qui ont inspiré l’univers de ses livres.

Il enseigne actuellement le français au secondaire dans la communauté atikamekw de Manawan depuis 2002. Il partage sa vie entre cette communauté amérindienne et la ville de Trois-Rivières, où il vit avec sa famille.

Extrait

Niska
Étienne Poirier - Les éditions du soleil de minuit - 2016 - 174 p. - 10,95 $ - ISBN : 978-2-924279-08-3

Étienne Poirier a choisi :

Je sentais dans mon cœur la frénésie de l’attente. Je voyais bien que ce qu’il avait pour moi ne pouvait avoir de prix.
Il a ajouté :
— Regarde bien.

Ses mains calleuses se sont ouvertes comme un écrin de velours et j’ai vu se dessiner, au fur et à mesure qu’y pénétraient les rais du soleil, les contours blanchâtres d’un oiseau de bois : une oie sauvage sculptée de sa main.
Il m’a dit :
— Les outardes partent à l’automne et reviennent chaque printemps. Depuis toujours. Pour toujours. Et elles sont toujours les mêmes. Elles se posent au même endroit. Pour les mêmes raisons. Fais-moi la promesse qu’il en sera pareil pour toi.

Je n’ai pas compris la portée de ses paroles et je ne suis pas certain que ma mémoire soit si fiable. Parfois, la vérité s’efface, on la convainc de fuir… Mais l’oiseau sculpté qu’il m’a offert ce jour-là était beau. Et ce sont les mots qui me viennent en tête lorsque je me le rappelle.