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Rémy Simard (auteur, illustrateur)

Rémy Simard possède un don. D’un trait de crayon ou d’une suite de mots, ce créateur aux multiples talents fait rire les gens, des tout-petits aux adultes, en passant par les adolescents. Qu’il donne dans le farfelu, l’ironie ou l’irrévérence, il réussit toujours à dilater la rate de son public, qui en redemande. Les jeux de mots amusants, les chutes surprenantes, les clins d’oeil et les dessins caricaturaux n’ont plus de secrets pour lui.

Figure importante du monde québécois de l’édition, Rémy Simard est à la fois bédéiste, illustrateur et auteur d’albums et de romans pour la jeunesse. Il a dirigé une maison d’édition consacrée à la bande dessinée, Kami Case, avant de travailler comme directeur de la collection jeunesse aux éditions du Boréal.

Enfant, l’artiste ne s’intéressait pas du tout aux dessins ni aux bouquins. Il voulait plutôt être... pilote de course! La vitesse et les voitures le fascinaient. Un jour, par hasard, il met la main sur un album de Michel Vaillant. Coup de foudre instantané pour une bande dessinée survoltée, pleine d’autos vrombissantes. Délaissant peu à peu les bolides pour les livres illustrés, Rémy Simard se met à copier le style de ses dessinateurs préférés. À force d’imiter, il finit par personnaliser son travail.

N’envisageant pas encore de faire une carrière dans le domaine des arts, il entreprend plutôt des études universitaires en sciences politiques. Suivant les conseils d’un ami, il présente tout de même ses illustrations à une maison d’édition spécialisée dans les livres scolaires : Études vivantes. Il est embauché! Après avoir terminé son baccalauréat, il abandonne la politique pour de bon et entend se consacrer à la bande dessinée.

Il le fait, pendant quelques années, publiant des bandes dessinées et des illustrations dans des revues ainsi que deux albums pour enfants aux éditions Ovale, scénarisés par François Benoît. Déçu de la morosité ambiante dans le domaine de la b.d. québécoise, cet homme fonceur, solitaire et curieux, décide de fonder les Éditions Kami Case, en 1986, vendues un peu plus tard à Boréal Express. Il y publie ses propres créations, mais aussi celles d’autres bédéistes québécois proposant un produit original.

Illustrateur de haut calibre, Rémy Simard affectionne dans son travail graphique un trait net qui, selon le chroniqueur en bande dessinée Denis Lord (Lurelu, aut. 1997, p. 20) «rappelle le cubisme et certains illustrateurs du New Yorker». La plupart de ses images sont réalisées par ordinateur.

Son talent est particulièrement mis en valeur dans deux productions fort différentes : l’album Monsieur Noir et Blanc, un livre invitant les tout jeunes lecteurs à découvrir les couleurs, et la bande dessinée Le père Noël a une crevaison, une histoire abracadabrante, à l’humour mordant, laissant toute la place à l’image. Ces deux excellents ouvrages ont été finalistes pour le Prix du Gouverneur général du Canada, catégorie littérature de jeunesse, illustrations, respectivement en 1994 et en 1995.

Un cancre en français devenu écrivain à succès
En début de carrière, Rémy Simard est persuadé de ne pas avoir les aptitudes nécessaires pour signer lui-même les textes de ses bande dessinées. Encore moins pour écrire des romans jeunesse. Élève très doué en mathématiques mais mauvais en français, il avait des idées originales, savait structurer un récit mais multipliait les fautes. Malgré ses lacunes importantes, il ne se laisse pas décourager. Cherchant un album humoristique à offrir à l’un de ses deux fils, il erre dans les libraires sans jamais trouver la perle rare. Que cela ne tienne, il décide de l’écrire lui-même! En 1991, il publie un album désopilant, Roberval Kid : Le voleur de voix, dont il signe à la fois le texte et les illustrations.

La même année, poussé par l’écrivain Raymond Plante, il risque le tout pour le tout et rédige un premier roman drôle et charmant : La BD donne des boutons. Et c’est parti! Travaillant d’arrache-pied afin de peaufiner son écriture, il troque de plus en plus souvent son chapeau d’illustrateur pour celui d’écrivain. Sa collaboration avec Pierre Pratt est particulièrement fructueuse. Le tandem a notamment remporté le Prix du livre M. Christie pour le magnifique album Mon chien est un éléphant, publié en 1993.

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