Communication-Jeunesse
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Robert Soulières (auteur)

Robert Soulières est né à Montréal (Québec) en 1950. Il étudie d’abord en littérature, puis obtient un diplôme en Information scolaire et professionnelle de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il travaille 12 ans comme agent d’information à la Commission scolaire Saint-Jérôme. En parallèle à l’exercice de son métier, il dirige la revue Lurelu durant six ans (1981-1987) et s’implique activement à Communication-Jeunesse.

Son vieux rêve d’écrire un livre se concrétise en 1979, avec la publication de Max le magicien (La courte échelle). En 1987, il devient directeur des éditions chez Pierre Tisseyre puis vice-président pour les secteurs adulte et jeunesse. Il y dirige la publication de 250 romans pour la jeunesse et d’une cinquantaine d’ouvrages pour les adultes.

En 1996, il fonde sa propre maison d’édition : Soulières éditeur. Il bâtit sa maison avec son expérience d’éditeur et d’auteur, avec sa vision  très personnelle de la littérature pour la jeunesse et avec ses amis écrivains et sa compagne Colombe Labonté. Son parti-pris : l’audace. Sa maison d’édition se distingue par la diversité, par ses collections et par ses prix littéraires, mais aussi par son travail pour intéresser les jeunes à la lecture : site Web, fiches d’exploitation pédagogique, concours d’écriture et de dessins.

Prolifique, Robert Soulières écrit des dizaines d’albums, de romans et de nouvelles. Avec un humour inimitable et sous des dehors légers s’insinuent des réflexions sur la vie et les gens. Ce maître des jeux de mots sait adapter son écriture à différents lectorats ; jeune et adolescent. Peu banals, quelques-uns de ses livres sont devenus des classiques : Le Visiteur du soir (Éditions Pierre Tisseyre -1980), Un été sur le Richelieu (même éditeur – 1982). Un cadavre de luxe (Soulières éditeur – 1999) et Un cadavre stupéfiant (Soulières éditeur – 2002) se retrouvent respectivement aux Palmarès Communication-Jeunesse des livres préférés des jeunes en 2000-2001 et en 2002-2003.

Robert Soulières s’implique dans le milieu du livre avec passion ; il a siègé sur différents conseils d’administration, notamment à la Commission du livre et de l’édition spécialisée de la SODEC, à la Commission du droit du Prêt Public (CDPP), au Salon du livre de Montréal et il participe activement depuis 10 ans à la Fête du livre et de la lecture de Longueuil.

Le visiteur du soir mérite le Prix Alvine-Bélisle en 1981. Casse-tête chinois (éditions Pierre Tisseyre – 1984) obtient le Prix du Conseil des Arts du Canada. Un cadavre de classe (Soulières éditeur – 1997) gagne le Prix du livre M. Christie en 1998. Une gardienne pour Étienne (les 400 coups – 1998) remporte le Prix du livre M. Christie 1999. Un cadavre stupéfiant (Soulières éditeur - 2002) a mérité le Grand prix du livre de la Montérégie en 2003.

Extrait

Épingle de la Reine (L')
Robert Soulières - Soulières éditeur - Coll. «Graffiti» - Série Aventures du chevalier de Chambly - 2004 - 138 p. - 8,95 $ - ISBN : 2-89607-010-9

Robert Soulières a choisi:

Le brave chevalier de Chambly, sans peur, sans sommeil pour l’instant et sans reproche jusqu’à maintenant, continua son incursion sournoise dans le château.
La plupart des salles portaient un nom affiché au haut de la porte. Chambly, dans sa tournée d’inspection pour récupérer les objets volés du roi Gustave et de la reine Larissia, visita les cent douze salles et chambres du palais vraiment pas laid.
Ainsi le chevalier, en bon touriste, visita :
. la salle des circonférences, (quand les discussions tournent en rond)
. la salle des tortures (la salle Igo),
. la salle à manger, (la salle Hade, le nom du cuisinier sans doute),
. la salle des pas perdus, (c’est là qu’on se retrouve !)
. la salle de danse (la salle Sa),
. la salle de jeux (la salle Timbanque),
. la salle des cuisines (la salle Hier),
. la salle des bons débarras (la salle Migondis),
. la salle des vins et de la bière (la salle Oune),
. la salle d’habillage (la salle Opette),
. le salle d’attente du médecin (la salle Monellose),
. le salon de thé (la salle Thé),
. la salle du trône (la salle WC)
. il fit une courte halte à la salle de bains (euh ! oui, des fois quand il faut, y faut !) justement nommée la salle Ubrité,
. la salle d’entrée (la salle Amalec),
. et finalement, la salle de balles où il fit une découverte ahurissante. Nous y reviendrons, car je n’ai pas le temps de vous en parler tout de suite.

Avant de partir, Chambly fit un saut dans la chambre du roi Nicolas pour y déposer sa carte de visite sur la table de chevet, près de son verre où reposait son dentier. Sur cette carte, on pouvait y lire : Avec les compliments d’Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur.

Le roi Nicolas n’y comprendrait sans doute rien et se demanderait durant des lustres qui est ce sacré Arsène, mais Chambly aimait bien dérouter les gens à l’occasion.

Robert Soulières commente:

Au-delà de l’humour, dans L’épingle de la reine, il y a tout de même quelques thèmes importants qui sont traités : l’exploitation des enfants qui travaillent. En effet, dans le monde, il y a plus de 210 millions d’enfants de cinq à quatorze ans qui doivent travailler de dix à quatorze heures par jour pour assurer leur subsistance et, parfois aussi, celle de leurs parents.
Un passage dans le livre dénonce cette réalité incroyable du XXle siècle.
Un autre passage, inspiré par le film de Charlie Chaplin, Le dictateur, dénonce l’abus de pouvoir de certains chefs d’état. L’extrait du film que j’ai choisi est un immense hymne à la liberté. J’ai recopié mot à mot une partie de ce discours en citant ma source bien entendu.
Tout ça pour dire que sous le couvert de l’humour, il y a parfois des réalités troublantes que les auteurs peuvent dénoncer.

Finalement, il y a aussi, dans L’épingle de la reine, ma passion pour la peinture et les musées. Dans ce roman, je me suis amusé à imaginer la création du premier musée.

Vive l’humour!

Vive l’humour libre!