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Carole Tremblay a choisi:
— Vlan !
Hugues claque la porte d’entrée avec fracas. Il est tellement furieux que les oreilles lui chauffent. Si c’est comme ça que ses parents le traitent, ils ne le reverront plus de sitôt.
A-t-on idée d’interdire à un enfant de mentir ? Comment peut-il développer son imagination s’il ne peut même pas exagérer un peu ? Non. Cela ne peut plus durer. C’est décidé, il va fuguer. Partir loin. Ne plus jamais revenir.
Hugues descend d’un pas ferme les quelques marches qui mènent du balcon au trottoir. Il se retourne et regarde la fenêtre du salon avec défi.
« Adieu, parents ingrats. Je reviendrai quand je serai riche et célèbre. D’ici là, tâchez de ne pas mourir d’ennui sans moi. »
Hugues devra penser à leur envoyer une photo récente pour qu’ils puissent verser des larmes en la regardant. L’image de ses parents fixant sa photo, les yeux rougis, une montagne de mouchoirs usagés entre eux, le ravigote.
« Ça leur apprendra, pense Hugues. S’ils s’imaginent que je vais les laisser ruiner ma carrière comme ça, eh bien, ils se trompent ! »
Quand il va être grand, Hugues va être inventeur-créateur de jeux vidéos super-top-niveau. Il va gagner de nombreux prix et des tonnes d’argent. Mais pour devenir le meilleur, il a besoin de faire travailler son imagination. Pourquoi ses parents ne veulent-ils pas comprendre ça ? Les athlètes s’entraînent dès leur plus jeune âge et tout le monde trouve ça normal. Pourquoi pas les inventeurs-créateurs ?
Carole Tremblay commente:
Peut-être que si je prends autant de plaisir à inventer des histoires, c’est que, dans la vie, j’ai toujours été incapable de mentir. L’écriture de fiction me permet de trafiquer la réalité autant que je veux, sans aucun remords. C’est une liberté extraordinaire quand on y pense.