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Jasmine Dubé a choisi:
Puis, un jour, mon père est venu me chercher à la garderie. Il y avait de la tristesse dans ses yeux.
Il a dit qu’on allait rejoindre maman à l’hôpital.
Ma mère était couchée dans un lit blanc en fer. Elle pleurait.
-J’ai perdu le bébé.
-Où? Où tu l’as perdu, maman?
-C’est une façon de parler, Nazaire. Ça veut dire que le petit bébé qui était dans mon ventre, il n’est plus là.
-Pourquoi?
-Parce que… il n’y a pas vraiment de raison. Il n’était pas assez fort, peut-être. Il ne pouvait pas vivre. Il ne grandissait plus dans mon ventre et… son cœur a cessé de battre.
-Où est-ce qu’il est parti, le petit pois?
-Je ne sais pas, Nazaire.
-Peut-être qu’il s’est envolé vers les étoiles, hein maman?
-Peut-être, peut-être bien.
-On va se reprendre. Un jour, on aura un autre bébé, a dit mon père.
Mais il y avait de l’eau dans ses yeux. Ce jour-là, je me rappelle, on a pleuré tous les trois dans nos six bras. À l’hôpital. Sur le lit de fer de ma mère.
On pleurait parce qu’un bébé gros comme un petit pois s’était décroché du ventre de maman.
Jasmine Dubé commente:
Il y a des sujets qui sont plus difficiles à aborder avec les enfants. On cherche l’angle, la bonne approche, les mots justes… Dans la série Nazaire, le petit a droit au chapitre; il n’est pas tenu à l’écart de la réalité, il n’est pas surprotégé. Nazaire partage son chagrin avec ses parents. Tous les trois sont concernés par ce grand rêve brisé. En laissant couler leur peine entre leurs six bras, la confiance et le respect s’entremêlent. J’aime la tendresse.
J’aime que les enfants et les adultes soient sur un pied d’égalité.